L’UVSQ et Paris-Saclay : chronique d’un dépeçage annoncé

Un « plan stratégique » sur 5 ans occupe sinon les esprits, du moins le temps de beaucoup de collègues mobilisés par le VP « stratégie » Benoît Petit ; nous avons par ailleurs été conviés à une réunion « stratégique » entre le VP « stratégie » et nous-mêmes syndicats CGT et Snesup, le 9 février dernier. Alors, où en sommes-nous ?

Cette incantation à la stratégie, que cache-t-elle ?

Curieusement, ce qui se trame dans Paris-Saclay et qui est arrivé à nos oreilles par la voie syndicale (les collègues FSU de Paris-Sud), ne semble pas inquiéter outre mesure la direction de l’UVSQ. Saviez-vous qu’un petit comité de 7 membres (Paris-Sud, Centrale-Supélec, ENS Paris-Saclay (ex-Cachan), Ensae, CEA, CNRS, INRA) est en train de déterminer la structure organisationnelle de Paris-Saclay ? Ce comité rendra ses conclusions fin mars 2017 (c’est demain !). Et l’UVSQ devra s’y plier. Se plier à quoi ?

Un « premier cercle » défini par un certain nombre de contraintes (des « critères objectifs » dit Bloch[1] dans sa déclaration du 21 décembre 2016 (lien) et porteur du projet idex (ah, le vocabulaire du « new management » !) regrouperait les « excellents » (dont Paris-Sud, l’ENS Paris-Saclay…). Le « deuxième cercle » comprendrait les pas assez excellents et les très indépendants comme Polytechnique. Dernière trouvaille : les cercles ne sont pas concentriques (sic, comprend qui peut).

En outre, des structures « horizontales » regrouperaient les UFR de Paris-Saclay par discipline (une grande UFR de médecine, une grande UFR de maths (?), etc…) : le grand dépeçage de l’UVSQ est en marche.

Quel positionnement, quelles informations avons-nous à ce jour, de la part de la présidence de l’UVSQ ? Car, faut-il le rappeler, l’usine à gaz anti démocratique de Paris-Saclay repose sur le « conseil des membres » ; autrement dit les décisions sont prises à cet endroit, et de l’UVSQ seul D. Guillemot, comme président, y a accès.

La réponse est, hélas, simple : nous ne sommes ni informés, ni soutenus, ni visibles. Il est ironique (irresponsable ?) de faire travailler les UFR, l’ensemble des collègues, lors des réunions « stratégies » sur les projets des uns et des autres, alors que le minimum vital n’est pas assuré (recrutements, conditions de travail, heures des maquettes, etc…).

Ecoutons quelques extraits de Benoît Petit le 9 février : « Nous n’avons pas d’information » ; « La rumeur dit que nous faisons machine arrière, mais ce n’est pas vrai » ; « nous ne voulons pas aller dans Paris-Saclay à n’importe quelles conditions ». « Nous attendons des réponses »…

Qu’en déduire ? La stratégie du VP stratégie et par là-même la stratégie de la présidence UVSQ est-elle l’enfumage général ? Ou bien seulement le signe d’une mollesse politique, négligeant de considérer les rapports de force au sein de Paris-Saclay ? Pour le moins, en tout cas, le signe d’une méconnaissance du terrain et du paysage en mouvement… la « task force »[2] paraît hélas bien ridicule dans sa recherche gesticulante d’informations.

Pour terminer ce billet sur une note plus punchy : notre proposition à ce jour, émanant des forces syndicales, soutenue par l’ensemble des personnels : organiser sans délai une réunion entre Bloch[3] d’une part et les élus UVSQ et du 78 d’autre part. D. Guillemot y serait bien sûr partie prenante.

[1] Gilles Bloch : président de la COMUE Paris-Saclay, préside le conseil des membres.

[2] « task force » : nom pompeux qui affuble une brave collègue chargée de mission UVSQ-Paris-Saclay, elle-même sans informations ni moyens.

[3] Gilles Bloch : président de la COMUE Paris-Saclay, préside le conseil des membres.

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